ou l’art de lâcher prise

Le déclic
Une soirée live sketching…
En août, j’ai testé le « live sketching » .
Une illustratrice talentueuse de ma région (Solen Simonnet) a créé un groupe de live sketchers, débutants ou confirmés, qui se retrouve régulièrement dans différents lieux pour « croquer » les paysages, les gens,…
Cette activité me fascine, car le résultat est souvent vibrant !
…qui vire à la catastrophe !
Bon, j’exagère un peu ! Mais cette séance a été une véritable épreuve pour moi…
J’ai ma propre technique, mon processus pour dessiner : une photo (donc un sujet statique) et du temps (beaucoup de temps), la recherche du détail et de la (quasi) perfection.
À force de pratiquer de cette façon, j’ai perdu toute faculté à dessiner de manière « instinctive »; cet essai en live m’a fait prendre conscience de mes limites et qu’il fallait remédier à cela ! Cet échec a été un vrai déclic !

« Patience et lenteur de temps font plus que force ni que rage »
J’ai donc écouté les conseils avisés de Solen et d’un autre sketcheur confirmé : s’entraîner quotidiennement.
Mon carnet de croquis ne me quitte plus tout comme ma trousse remplie de crayons, stylos et feutres colorés. Tout est prétexte à être croquer : mon café du matin, mes chats qui paressent sur le canapé, les acteurs de mes séries préférées…
Rien n’est parfait : les perspectives sont fragiles, les traits imprécis, mon ego remisé au placard ! Le but, ce n’est pas de retranscrire ce que je vois de manière fidèle au trait près mais de capturer l’ambiance, faire travailler ma main, ma mémoire, mon regard avec des sujets qui peuvent souvent bouger.
Le lâcher prise : un apprentissage éternel
Non dessiner sur le vif n’est pas une sinécure (pour moi en tout cas) ! Parce qu’il demande du lâcher prise et un certain détachement du résultat. Tout le contraire de ce que je fais depuis des années dans le dessin mais tout le contraire de qui je suis également dans la vie…
Et pourtant, réussir à lâcher prise est tellement libérateur ! Je redécouvre le plaisir de dessiner juste pour dessiner. Pas de pression, pas de but à atteindre : ça met en joie la petite Séverine qui est toujours en moi, comme c’est le cas pour nous tous, qui avons tendance à oublier cet enfant intérieur que nous étions autrefois !
Je partage mes croquis quotidiens qu’ils soient « réussis » ou ratés (selon ma vision) en story sur Instagram, parce qu’il y a aussi cette dimension de partage qui est très importante pour moi dans ce processus : on me connaît pour mes illustrations très travaillées mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas de difficultés dans d’autres techniques et ce n’est pas un problème de le dire et de le montrer.





Et après ?
Je continue ces petits dessins quotidiens sans me mettre la pression. Est-ce que j’arrêterai demain ? ou l’année prochaine ? Est-ce que je me servirai de ces dessins ou finiront-ils au fond d’un tiroir ?
Là aussi : LÂCHER PRISE ! Tant que le plaisir de prendre 15 minutes ou plus pour dessiner librement est présent, je continue.
Bien sûr, je continue les « vrais » projets pour mes clients dans le style qui m’a fait connaître et qu’ils apprécient mais je m’octroie ces petits moments, qui sont devenus une sorte de rituel, un temps de pause dans la journée, une méditation presque !
Et vous, le lâcher prise, qu’est-ce que ça vous évoque ? L’appliquez-vous au quotidien ? Je serai curieuse de connaître votre expérience!

